Association France Palestine Solidarité - Isère / Grenoble

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Août 2009: "Un été en Cisjordanie", par Leïla Shahshahani

Leïla Shahshahani est une journaliste grenobloise. Elle participera la Marche de la Liberté, Marche pour Gaza du 1er janvier 2010.  
Blog de Leïla Shahshahani :  >> de Grenoble à Gaza <<

Voici  quelques extraits de l'intéressant  récit  de son séjour  en Cisjordanie,  en août 2009.   >> Lire le  récit intégral <<



.....  Comme de nombreux internationaux croisés là-bas, j'ai ressenti ce besoin d'aller voir pour tenter de comprendre des petites choses par-ci par-là. Je ne suis pas partie l'esprit neutre. Il n'était pas question d'aller faire du tourisme en Israël mais bien de passer le mur pour aller du côté palestinien occupé. Ce que nous avons vu nous a choqué. .....

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LE 6 AOUT - JERUSALEM, PREMIER CONTACT : ENTRE MUR, DEMOLITIONS ET EXPULSIONS

En fin de matinée, nous avons quitté le centre de Jérusalem pour passer en Cisjordanie, quelques kilomètres plus loin. On passe de la ville animée à un paysage de désolation type terrain vague. A Anata, située au nord-est de Jérusalem, nous retrouvons le camp d'été de l'association israélienne ICAHD (Israeli committee against house demolitions), composé d'internationaux et d'Israéliens. Leur mission : reconstruire en quinze jours une maison palestienne détruite il y a un an et demi par les Israéliens, comme de nombreuses autres maisons alentour. On ne détruit pas seulement les murs mais aussi les quelques plantations que les Palestiniens ont réussi à faire pousser sur ce sol aride. Je parle au propriétaire de l'une des maisons : la sienne a été cinq fois démolie par les autorités israéliennes, et à chaque fois reconstruite par les bénévoles. L'absurde dans toute sa splendeur, mais la seule manière pour les habitants de ne pas baisser les bras en montrant qu'ils tiennent bon. Le chantier se fait dans la bonne humeur, les Espagnols mettent l'ambiance en chantant alors qu'on fait la chaîne pour se passer les parpaings. Impressionnant le travail déjà accompli en cinq jours.

Juste derrière la maison se dresse... le mur. C'est une chose de l'avoir vu sur un écran de télé et de le voir à quelques mètres de soi. Je ne trouve pas les bons mots pour en parler. Au pied du mur, on reste sans voix. Dans quelques semaines, cette partie du mur encore en construction devrait être terminée. Il est destiné à rendre l'accès à Jérusalem encore plus difficile pour les Palestiniens vivant dans ce quartier. Le check point devient la seule issue de sortie. Pas de Jérusalem, pas de boulot. Comble du comble : de nombreux Palestiniens, désespérés de trouver un emploi pour nourrir leur famille, se retrouvent obligés de construire ce mur qui les enferme. D'autres construisent les habitations des nouvelles colonies juives alors qu'on vient de détruire leur propre maison pour y mettre des colons. Il fallait oser y penser.


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LE 10-11 AOUT - AL MA'SARA TIENT BON

Lundi matin, nous quittons Naplouse pour rejoindre le village d'Al Ma'sara situé au sud de Bethléem. Le premier soir, nous y retrouvons un groupe important de jeunes français et belges venus avec l'association Génération Palestine. Nous sommes accueillis pour le briefing d'arrivée dans la maison du maire du village. Ici, un groupe dynamique de Palestiniens organisent la résistance pacifique depuis 2006, via le "Comité populaire contre le mur". Des échanges ont lieu entre ce village et des communes du Trièves en France. Des groupes de Français viennent régulièrement à Al Ma'sara depuis 2002. Chaque vendredi, Palestiniens, Israéliens et internationaux manifestent contre le mur, et des villageois séjournent régulièrement dans les prisons israéliennes. Une petite visite guidée des environs de Bethléem nous permet de constater le grignotage continu de la colonisation, qui fragmente les territoires palestiniens et isolent ses habitants, rendant de fait de plus en plus impossible la création d'un état palestinien. Les expulsions et destructions de maisons se poursuivent à une cadence soutenue.

Au sud-ouest d'Al Ma'sara, nous apercevons le gros bloc de colonies israéliennes de Gush Etzion, qui compte 50000 habitants environ et pénètre de vingt kilomètres à l'intérieur des terres palestiniennes (au-delà de la ligne verte de 1949). La population des colons continue de croître et l'expansion physique des colonies se poursuit, dans la perspective de les intégrer au projet d'un "grand Jérusalem". Nous apercevons aussi la colonie de Betar Illit, surplombant le village palestinien de Nahhalin. Les villages palestiniens encerclés dans ce bloc de colonies sont de plus en plus isolés. C'est le cas de Khallet Sakariya, un petit village que nous visitons avec nos hôtes d'Al Ma'sara, pris en sandwich dans le bloc de Gush Etzion.

Ici les habitants n'ont le droit ni de construire, ni de réparer leurs maisons. Idem pour la mosquée en ruine et l'école dont une classe se fait dehors entre deux murs de briques posées faute d'extension possible. Actuellement, dix maisons sont menacées de destruction par Israël. Nous y rencontrons Abou Ibrahim, un vieux villageois de 107 ans qui a vu progressivement les colonies israéliennes l'encercler.

Depuis novembre 2006, les villageois palestiniens sont avertis de la construction prochaine du mur qui viendra grignoter davantage sur leurs terres. Des expropriations sont annoncées. En regardant vers l'est, côté Jourdain, depuis la colline de l'Hérodion, on aperçoit les colonies voisines de Teqoa et de Noqdim. C'est dans cette dernière que vit l'ultranationaliste Avigdor Lieberman, ministre des affaires étrangères israélien depuis 2009 et fondateur du parti d'extrême droite Israel Beiteinou. Là aussi un projet de liaison entre cette colonie et Jérusalem menace fortement les terres palestiniennes dont le village de Za'atara.


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01/12/2009

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