Association France Palestine Solidarité - Isère / Grenoble

Association France Palestine Solidarité - Isère / Grenoble

Vie quotidienne des palestiniens (avril 2012)

Ce document fait suite à des séjours en Palestine de membres de l'Association France Palestine Solidarité / Isère . Les photos ont été prises en avril 2012.  

Document en version téléchargeable ici

 

Quelques informations sur la vie quotidienne des Palestiniens dont vous entendez bien peu parler dans les médias.

LA TERRE
Les paysans sont de plus en plus privés de leurs terres, soit elles sont volées par les Israéliens sous des prétextes fallacieux (des terrains considérés par l’armée comme
zones de sécurité) soit elles sont isolées des maisons d’habitation par le mur dit de séparation.
- Beith Jalla, village réputé pour la qualité de ses fruits, a perdu tous ses vergers à cause du mur de séparation qui a été construit de façon à spolier les  arboriculteurs de leurs vergers
- À Kfar Qaddum la colonie de Qeddumim a barré une route ce qui contraint les agriculteurs à faire un détour de plusieurs kilomètres pour travailler dans leurs champs. De plus, les cultivateurs sont régulièrement chassés de leurs champs.
Souvent ils doivent demander une permission à l’armée pour s’y rendre. Ces permissions, accordées ou non de manière totalement aléatoire, sont de courte durée et ne permettent pas de faire les travaux nécessaires.


LA CISJORDANIE
C’est un territoire plus petit que le département de l’Isère. Occupée depuis la guerre de 1967, les accords d’Oslo en prévoyaient un processus de restitution à l’Autorité palestinienne. Non seulement il n’en a rien été car elle est toujours occupée par l’armée israélienne, mais elle est maintenant totalement bouclée par un mur de 700 kilomètres qui enferme ses habitants et les isole du reste du monde. Organisés en Comités de résistance populaire, de nombreux villages refusent la colonisation et le mur. Leurs habitants manifestent tous les vendredis contre le mur. Ces manifestations sont fortement réprimées par l’armée notamment par des gaz très nocifs. Au prix de luttes tenaces, le village de Bil’in a ainsi réussi à récupérer une partie de ses terres et à faire reculer le mur.


L’EMPLOI
Jusqu’à ces dernières années de nombreux Palestiniens étaient embauchés par des entreprises israéliennes en particulier dans le bâtiment. Aujourd’hui, ils sont remplacés par des ouvriers asiatiques ou venant des pays de l’Est, ce qui engendre un chômage considérable.

L’EAU
Le manque d’eau est un immense problème pour tous les Palestiniens. Cette région est aride certes, mais les sources existantes sont détournées par les Israéliens pour fournir les villes et colonies israéliennes au détriment des villages palestiniens. Les eaux usées ne sont pas traitées, ce qui provoque un assèchement préoccupant de la mer Morte. Amnesty International relève que la consommation en eau des Palestiniens est à peine de 70 litres par personne et par jour, soit nettement moins que les 100 litres recommandés par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), contre plus de 300 litres pour les Israéliens. Quelque 540 000 colons utilisent autant, sinon plus d’eau, que l’ensemble de la population palestinienne, estimée à 2,3 millions.
L’eau est facturée 4 à 5 fois plus cher aux Palestiniens qu’aux Israéliens. Les égouts et fosses d’aisances des colonies se déversent directement dans les champs des Palestiniens et polluent leurs sources. (exemple à Wadi Qana : sur 17 sources 16 sont polluées).

 

 



LES DÉPLACEMENTS
Se déplacer est difficile : beaucoup de routes, dont certaines construites avec des aides européennes, sont interdites aux Palestiniens – qui dans certains cas ne peuvent pas non plus les traverser - elles sont réservées aux colons et à l’armée.
Les attentes et les fouilles aux check-points (600 points de contrôle en Cisjordanie) sont interminables, humiliantes et épuisantes. Ces contrôles sont souvent exercés –
avec condescendance ou agressivité - par de jeunes soldats encore adolescents qui ont tout pouvoir sur une population d’hommes, de femmes, d’enfants et vieillards - qui attend, parfois des heures par tous les temps, derrière des barrières, ou bloquée dans des tourniquets avec le risque d’être, arbitrairement, refoulée.
Par ailleurs, il est interdit aux Palestiniens de Cisjordanie de se rendre à Jérusalem.

LES RÉFUGIÉS
En 1948 près de 800 000 palestiniens furent envoyés en exil. Soixante ans plus tard, les exilés  sont 5,5 millions : 4,65 millions d’entre eux ont le statut de réfugié et près d’1,4 millions vivent dans les 58 camps situés en Cisjordanie ou dans la bande de Gaza, au Liban, en Syrie et en Jordanie.
La question du droit au retour est la question centrale du conflit israélo-palestinien. La résolution de l’ONU qui prévoit la création d’Israël (11 mai 1949) mentionne l’application de résolutions antérieures qui non seulement prévoient la création de 2 états mais également le droit au retour des réfugiés ou une compensation pour ceux qui choisiraient de ne pas revenir. Israël a donc non seulement reconnu à ce moment-là la résolution dite du partage de la Palestine mais aussi le droit au retour.

LES BÉDOUINS
Afin de permettre l’installation de nouvelles colonies et de récupérer leurs terres, les Bédouins sont systématiquement harcelés et chassés du Neguev.
Ceux de la vallée du Jourdain vivent dans des conditions de survie totalement intolérables. Ils sont chassés, humiliés, arrêtés…Peuple de pasteurs, ils sont empêchés de nomadiser avec leurs troupeaux. Ils doivent parcourir des dizaines de kilomètres pour acheter de l’eau à prix d’or. Ils ne trouvent plus de nourriture pour les animaux, ils n’ont plus de revenus. La tribu de Jahalin est systématiquement brutalisée par des colons qui s’en prennent aux enfants ainsi qu’à l’école construite récemment.

LA COLONISATION
Comme si l’occupation ne suffisait pas, les palestiniens subissent depuis 1967 la confiscation de leur terre. En Cisjordanie, comme à Jérusalem Est, les Israéliens s’approprient les terres des Palestiniens pour y construire des colonies dans la plus totale illégalité. De la taille de village mais aussi de ville (jusqu’à 20 000 habitants) ou d’agglomérations (45 000), ces colonies, enfermées dans des murs, interdites aux Palestiniens mitent leur territoire, empêchent les déplacements, et hypothèquent grandement la création d’un État palestinien. L’armée omniprésente n’intervient pas quand les colons arrachent les arbres, harcellent et humilient les Palestieniens car elle est là pour assurer la sécurité des colons et non celle des Palestiniens.

ARRESTATIONS, EMPRISONNEMENTS
C’est ce qu’encourt n’importe quel citoyen à n’importe quel moment pour n’importe quelle raison. Certains prisonniers sont dans les prisons israéliennes depuis de longs mois voir des années sans aucun chef d’accusation. Parmi eux des femmes et des enfants : 20% de la population palestinienne a connu à un moment ou à un autre les prisons israéliennes. Ils ont mené massivement en 2012 une grève de la faim très dure pour obtenir des droits élémentaires.
Les arrestations ont souvent lieu pendant la nuit. Les soldats cagoulés et armés font irruption dans la maison, ils cassent et renversent vaisselle et mobilier. Ils laissent une maison dévastée à leur départ. Les enfants sont terrorisés.

GAZA
Les ONG dénoncent le blocus décrété par Israël en 2007 qu’elles jugent clairement illégal. Un blocus est supposé contraindre un gouvernement à ne pas s’armer ou se réarmer pour attaquer, il ne doit pas punir une population : c’est le contenu de l’article 33 de la 4ème Convention de Genève qui dénonce toute sanction collective. Le blocus de Gaza vise les civils et constitue un crime de guerre contre les civils.
La bande de Gaza fut bombardée par les israéliens en 2009 (plus de 1300 morts civils dont des enfants, de nombreux blessés). Les Gazaouis sont privés d’eau, de gaz, d’électricité (actuellement disponible seulement quelques heures par jour). La population vit dans l’angoisse de nouveaux bombardements.

JÉRUSALEM-EST
Dans les quartiers de Cheikh-Jarrah et Silwan des familles sont expulsées de leurs maisons et jetées à la rue. Les clés de leurs maisons sont remises à des colons qui en revendiquent la propriété.
Aujourd’hui, 1 500 maisons palestiniennes sont menacées par un ordre de démolition.

 

 

Quelle solidarité, comment agir ?

 

Depuis des décennies le peuple palestinien est soumis à une humiliation permanente de la part du gouvernement israélien qui encourage ses soldats et soutient ses colons dans leurs agressions continuelles. Malgré cela, ce peuple résiste avec une très grande dignité par des actions non-violentes juste pour obtenir leurs droits reconnus internationalement.
La contrepartie de l’adhésion de l’État d’Israël à l’ONU en 1949 était la création d’un État Palestinien. Israël s’y était engagé mais depuis cette date, elle viole toutes les résolutions et les règles internationales en ce qui concerne le peuple palestinien. À part de légères pressions, épisodiques, ni les États- Unis, ni l’Union européenne ne se donnent les moyens d’obtenir l’application du droit international.
Les sociétés civiles ont donc leur rôle à jouer. Des associations partout dans le monde, y compris en Israël, sont aux cotés des Palestiniens. Aujourd’hui il faut amplifier notre soutien.


Parmi ces initiatives, la campagne BDS / Boycott - Désinvestissement -Sanctions. C’est une campagne internationale, à la demande d’un grand nombre d’organisations palestiniennes, qui s’inscrit dans les actions non violentes. Alors qu’Israël bénéficie d’accords commerciaux privilégiés avec l’Union européenne, elle s’en sert pour commercialiser les produits issus des colonies implantées sur les terres confisquées aux palestiniens. C’est une violation du droit international. Les objectifs de la campagne BDS sont doubles : il s’agit à la fois d’empêcher toute commercialisation des produits issus des colonies et d’isoler économiquement l’état d’Israël afin de le contraindre à appliquer le droit international.
Il s’agit également d’exiger de  nos gouvernements qu’ils mettent fin à leur complaisance envers Israël.



10/06/2012

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