Association France Palestine Solidarité - Isère / Grenoble

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Palestine et élections : lettre et questionnaire aux candidats

Les réponses des candidats (ou les non-réponses) seront publiées prochainement sur le site de la Plateforme des ONG pour la Palestine, ou sur le site national de l'AFPS. 

Ni la lettre de l'AFPS, ni le questionnaire de la Plateforme n'ont été adressés aux représentants de l'extrême-droite, en l'occurrence M. Le Pen, Front National : ils ne peuvent être des interlocuteurs, ayant pour stratégie la propagation de la haine raciale. Jacques Cheminade n'a pas été interrogé non plus.

Nous poserons les mêmes questions aux candidats aux prochaines élections législatives.

 

Ici, les réponses des candidats (F. Bayrou n'a pas répondu)

 

 

Lettre ouverte aux candidats à l’élection présidentielle.

Jean-​​Claude Lefort - Président de l’AFPS - Association France Palestine Solidarité

 

Dans une lettre ouverte aux can­didats à l’élection pré­si­den­tielle, Jean-​​Claude Lefort formule cinq exi­gences incon­tour­nables pour un règlement durable du conflit.

 

 

Paris le 20 mars 2012

Madame, Monsieur,

 

Vous êtes candidat(e) à la pré­si­dence de la Répu­blique. La cam­pagne élec­torale est désormais lar­gement lancée et le débat se focalise sur les ques­tions écono­miques et sociales. C’est com­pré­hen­sible alors qu’une crise sans pré­cédent affecte notamment notre pays et ses voisins de l’espace européen.

Pourtant il n’est pas ima­gi­nable que la poli­tique que vous sou­haitez pour la France reste limitée à cette seule dimension, pour essen­tielle qu’elle soit. La France doit néces­sai­rement se doter d’une poli­tique inter­na­tionale claire.

 

 

Le rôle que vous entendez faire jouer à notre pays sur la scène inter­na­tionale est une question incon­tour­nable. Et si les ques­tions inter­na­tio­nales sont peu pré­sentes dans le débat actuel, elles seront par contre au premier rang, demain, dans l’agenda pré­si­dentiel. Il convient donc de connaître les choix des uns et des autres en la matière. D’autant que les posi­tions et la vision de chaque can­didat en matière inter­na­tionale par­ti­cipent direc­tement aux choix des élec­trices et des élec­teurs car elles indiquent sa capacité à présider.

Les idées qui sont les vôtres, en ce domaine majeur pour les des­tinées de notre pays et de notre planète, ne peuvent donc être laissées dans l’ombre.

La Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine, à laquelle nous appar­tenons, vous adressé un ques­tion­naire auquel vous ne man­querez cer­tai­nement pas de répondre. Je veux donc insister aujourd’hui sur les exi­gences qui sont néces­saires à remplir selon nous pour dénouer, enfin, ce qu’on appelle le « conflit israélo-​​palestinien » - question cen­trale qui condi­tionne la sta­bilité inter­na­tionale, voire la paix… ou la guerre.

La France est attendue dans le monde, et spé­cia­lement dans cette région du monde. Voilà plus de 64 ans que le Proche-​​Orient subit un conflit dont la solution est connue : elle réside dans l’application du droit inter­na­tional et non en de simples réfé­rences incan­ta­toires. Cela pose, selon nous, 5 exi­gences incontournables :

1. Ce droit passe par l’admission à l’ONU de l’État de Palestine dans les fron­tières d’avant le 4 juin 1967, avec Jérusalem-​​Est pour capitale. Et j’ajoute : avec un statut d’« Etat membre », et non d’« Etat non membre », comme si le peuple pales­tinien devait encore se contenter d’un stra­pontin. Une large majorité d’Etats s’y engagent aujourd’hui, refusant d’en sou­mettre plus long­temps l’avènement à l’accord préa­lable de l’Etat d’Israël, qui occupe et colonise la Cis­jor­danie et Jérusalem-​​Est et poursuit le blocus de la bande de Gaza…

2. Ce droit suppose aussi une juste solution au pro­blème des réfugiés pales­ti­niens qui doit être fondée sur la réso­lution 194, adoptée le 11 décembre 1948 par l’Assemblée générale des Nations unies, et dont l’acceptation par Israël a condi­tionné son admission à l’Onu en mai 1949.

3. La France doit contribuer à faire pré­valoir le droit inter­na­tional contre la loi du plus fort. Elle doit sanc­tionner toute vio­lation du droit inter­na­tional et refuser l’impunité. Cela passe notamment par la ces­sation de toutes rela­tions écono­miques et finan­cières avec les colonies israé­liennes et la sus­pension de l’accord d’association entre l’Union euro­péenne et Israël tant que cet Etat ne res­pecte pas le droit inter­na­tional, les Conven­tions de Genève, et poursuit occu­pation, colo­ni­sation de la Palestine et blocus de la bande de Gaza.

4. La démo­cratie suppose la recon­nais­sance des élus dont se dotent les peuples. La France doit recon­naître, sans condi­tions, les ins­tances élues du peuple pales­tinien, dès lors qu’elles sont issues d’un vote démocratique.

5. Pour faire de la Médi­ter­ranée une zone de paix, la France doit cesser ses ventes d’armes et contribuer à faire de la Médi­ter­ranée une zone sans nucléaire militaire.

Telles sont à nos yeux, Madame, Mon­sieur, les bases de toute poli­tique pour un règlement durable du conflit, apportant la paix par la justice dans cette région du monde.

La Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine, comme indiqué, vous a adressé un ques­tion­naire précis sur la poli­tique que vous entendez mettre en œuvre une fois élu(e). Vous com­prendrez tout le prix que nous atta­chons aux réponses qu’elle recevra de votre part. Nous ne man­querons pas de les faire connaître lar­gement pour éclairer le choix des électeurs.

D’avance, soyez-​​en remercié(e).

Jean-​​Claude Lefort

Président de l’AFPS

 

_________________________

 

Par Plateforme des ONG pour la Palestine :

 

La Palestine ne doit pas être une exception du prin­temps arabe. La popu­lation pales­ti­nienne est en attente de chan­ge­ments, et ceux-​​ci passent d’abord par la fin de l’occupation des Ter­ri­toires pales­ti­niens.

Aujourd’hui la colo­ni­sation en Cis­jor­danie et le siège de la bande de Gaza sont autant d’entraves au déve­lop­pement écono­mique et social des Ter­ri­toires pales­ti­niens et à la construction d’un véri­table Etat indé­pendant. L’Union euro­péenne et la France doivent prendre des déci­sions cou­ra­geuses pour que le gou­ver­nement israélien res­pecte le droit inter­na­tional et le droit huma­ni­taire international.

C’est pourquoi la Pla­te­forme des ONG fran­çaises pour la Palestine a sou­haité connaitre la position des candidat(e)s à l’élection pré­si­den­tielle (à l’exception de la can­didate du Front national) sur six points-​​clés :

- la recon­nais­sance par la France de l’État pales­tinien,

- l’entrée de l’État pales­tinien aux Nations unies,

- les pro­duits des colonies et l’implication des entre­prises fran­çaises,

- la trans­pa­rence dans la coopé­ration mili­taire entre la France et Israël,

- le blocus de la bande de Gaza et les des­truc­tions par Israël des infra­struc­tures pales­ti­niennes financées par l’aide internationale.

 

Lire le questionnaire détaillé Plateforme des ONG françaises pour la Palestine >>

PDF - 528.2 ko

 

Résumé du questionnaire :

 

1-Reconnaitrez-vous de manière bilatérale l’État de Palestine ?

 

2-Soutiendrez-vous l’entrée de plein droit de l’État palestinien aux Nations Unies ?

 

3-Quelles mesures restrictives comptez-vous mettre en place en ce qui concerne l’importation de produits des colonies importés en France et dans le reste de l’Union européenne, êtes-vous prêts à les interdire ?

-Quelles mesures comptez-vous prendre pour dissuader les entreprises françaises et européennes impliquées dans la colonisation israélienne ?

 

4-Etablirez-vous une transparence dans la coopération militaire entre la France et Israël, et un moratoire tant qu’elle ne sera pas établie ?

 

5-Que comptez-vous faire pour la levée du blocus de Gaza ?


6-Comment contraindrez-vous Israël à cesser de détruire les infrastructures palestiniennes largement financées par l’aide internationale et à verser des compensations pour toutes celles qui ont été détruites ?

 

Les membres de la Plateforme des ONG pour la Palestine : 

 

Association France Palestine Solidarité
Association Internationale de Techniciens, Experts et Chercheurs
Association pour les jumelages entre les camps de réfugiés palestiniens et les villes françaises
Cedetim
Centres d’Entraînement aux Méthodes d’Education Active
Cimade
Collectif Interuniversitaire pour la Coopération avec les Universités Palestiniennes
Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement - Terre Solidaire
Comité de Bienfaisance et de Secours aux Palestiniens
Comité de Vigilance pour une Paix Réelle au Proche-Orient
Comité Gaza Jérusalem Méditerranée
Enfants Réseau Monde/ Services
Fédération Artisans du Monde
Fédération Sportive et Gymnique du Travail
Génération Palestine - Jeunes d’Europe pour le Droit, la Paix et la Solidarité
Groupement des Retraités Educateurs sans Frontières
Ligue des Droits de l’Homme et du citoyen
Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté - section francaise
Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples
Mouvement de la Paix
Mouvement International de la Réconciliation
Palestine 33
Pax Christi France
Secours Catholique - Caritas France
Solidarité Internationale pour le Développement et l’Investissement
Terre des Hommes France
Union Juive Française pour la Paix


Les membres observateurs

Action des Chrétiens pour l’Abolition de la Torture
Afran Saurel - Association française de soutien aux réfugiés du Liban
Agir Ensemble pour les Droits de l’Homme
Amnesty International France
Association “Pour Jérusalem”
Centre de Recherche et d’Information pour le Développement
Collectif judéo-arabe et citoyen pour la paix
Coordination SUD
Fédération Nationale des Francas
Groupe d’Amitié Islamo-Chrétienne
Handicap International
Médecins du Monde - France
RITIMO - Réseau d’information pour le développement et la solidarité internationale
Tiens, voilà encore autre chose

  

 




10/04/2012

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