Association France Palestine Solidarité - Isère / Grenoble

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Les Euro­péens estiment qu’Israël menace le projet de création d’un Etat palestinien (Le Monde, 17 janvier 2012)

 voir aussi AFPS, jeudi 19 janvier 2012 : La France doit interdire à ses entre­prises de par­ti­ciper à la colo­ni­sation en Palestine

Les Euro­péens estiment qu’Israël menace le projet de création d’un Etat palestinien

Laurent Zecchini - Le Monde, mardi 17 janvier 2012

 

Le caractère acri­mo­nieux des rela­tions entre Israël et l’Union euro­péenne s’explique par les cri­tiques de la seconde à propos de l’occupation des ter­ri­toires pales­ti­niens et de la poli­tique sys­té­ma­tique de colo­ni­sation pour­suivie par le gou­ver­nement de Benyamin Nétanyahou.

 

La colère des auto­rités israé­liennes a été récemment attisée par plu­sieurs rap­ports euro­péens qui stig­ma­tisent la recru­des­cence des construc­tions en Cis­jor­danie et à Jérusalem-​​Est, les vio­lences com­mises par les colons, ainsi que le trai­tement jugé dis­cri­mi­na­toire de la minorité arabe israé­lienne (20,5 % de la popu­lation d’Israël).

Faute de consensus com­mu­nau­taire, ces docu­ments sont rarement publiés, ce qui n’empêche pas, tôt ou tard, leur dif­fusion. C’est le cas d’une étude euro­péenne portant sur la mar­gi­na­li­sation et l’exclusion crois­sante des Pales­ti­niens de la zone C, cette partie de ter­ri­toire qui repré­sente 62 % de la Cis­jor­danie et où, selon les accords d’Oslo (1993), Israël exerce un contrôle total sur le plan de la sécurité, et presque complet s’agissant des ques­tions civiles.

Le rapport annuel des consuls généraux en poste à Jéru­salem, transmis ven­dredi 13 janvier à Bruxelles, condamne, d’autre part, avec la même vigueur la dété­rio­ration de la situation des Pales­ti­niens dans la partie orientale de la Ville sainte, et recom­mande à la Com­mission euro­péenne d’envisager des réponses légales pour que soit mis fin aux inves­tis­se­ments euro­péens dans les colonies juives, ce qui revient à pré­co­niser, offi­cieu­sement, un rejet des pro­duits des colonies.

Comme l’année der­nière, ces conclu­sions ne seront pas adoptées, plu­sieurs pays euro­péens, à com­mencer par les Pays-​​Bas, l’Allemagne, l’Italie et la Répu­blique tchèque, étant tra­di­tion­nel­lement hos­tiles à toute condam­nation offi­cielle d’Israël. Ce sont là des pré­cau­tions dont le secré­taire général des Nations unies, Ban Ki-​​moon, n’a pas voulu s’embarrasser, samedi, lors de son passage à Bey­routh. "L’occupation par Israël des ter­ri­toires arabes et pales­ti­niens doit cesser. Les colonies, nou­velles et anciennes, sont illé­gales. Elles contra­rient la nais­sance d’un Etat pales­tinien viable", a insisté Ban Ki-​​moon.

 

La Cisjordanie occupée, début 2011 (carte établie par l'ONU )

 

SOUTENIR LA PRÉSENCE PALESTINIENNE DANS LA ZONE C

Le secré­taire général de l’ONU s’est exprimé le jour où les négo­cia­teurs pales­ti­niens et israé­liens se ren­con­traient à Amman. Leurs dis­cus­sions se sont révélées tout aussi sté­riles que lors de leurs deux pré­cé­dentes entrevues, les 3 et 9 janvier. Le rapport européen sou­ligne que les colons étaient 1 200 en 1972 dans la zone C, puis 110 000 en 1993, et 310 000 (sans compter quelque 200 000 colons établis à Jérusalem-​​Est) aujourd’hui, soit plus du double de la popu­lation pales­ti­nienne (150 000).

En zone C, les colons sont répartis dans 124 colonies dites "offi­cielles", c’est-à-dire construites avec l’agrément des auto­rités israé­liennes et environ une cen­taine d’avant-postes, c’est-à-dire des petites implan­ta­tions sau­vages consti­tuées, selon les cas, de mobile-​​homes, de cara­vanes, voire de quelques tentes.

"La fenêtre pour une solution à deux Etats se referme rapi­dement, avec l’expansion continue des colonies et les res­tric­tions d’accès pour les Pales­ti­niens dans la zone C", sou­ligne le rapport.

Mais la poli­tique de colo­ni­sation n’est pas le seul outil à la dis­po­sition d’Israël pour sub­stituer à la pré­sence des Pales­ti­niens celle des colons : l’étendue des "zones mili­taires fermées" et des "réserves natu­relles" ne cesse de s’accroître, tandis que se pour­suivent les des­truc­tions et démo­li­tions de struc­tures appar­tenant à des Palestiniens.

Si le constat des Euro­péens n’est pas vraiment nouveau, plus inat­tendue est la longue liste de recom­man­da­tions visant à sou­tenir coûte que coûte la pré­sence pales­ti­nienne dans la zone C, par des mesures en faveur de l’irrigation, de la construction de routes et de dif­fé­rentes infra­struc­tures, comme des écoles, des dis­pen­saires, etc. Sans le dire, les Euro­péens pré­co­nisent l’intensification d’une contre-​​politique à celle mise en place par Israël dans cette partie de la Cisjordanie.

Le constat dressé par les Vingt-​​Sept pour la partie orientale de Jéru­salem constitue un autre cri d’alarme. "Il exprime un sen­timent d’urgence, résume un diplomate européen, face à une nette dété­rio­ration de la situation des Pales­ti­niens, qu’il s’agisse de la colo­ni­sation, des expul­sions, des des­truc­tions de maisons et, d’une manière générale de la dégra­dation de leurs condi­tions de vie, due notamment à la vio­lence crois­sante des colons. Ce rapport dit qu’il faut agir et que l’un des moyens est de lutter contre le finan­cement des pro­duits des colonies."

 

 



19/01/2012

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