Association France Palestine Solidarité - Isère / Grenoble

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Flottille vers Gaza : « Nous partirons de toute façon » (La Croix, 30 juin 2011)

Flottille vers Gaza : « Nous partirons de toute façon »

La Liberté II, flottille internationale chargée de denrées humanitaires, doit prendre le départ pour Gaza. À son bord Alain Bosc, l’un des porte-parole français du mouvement « Un Bateau pour Gaza ».

Ce militant associatif y représente la Cimade, association française d’aide aux migrants. Avant et pendant la traversée, il raconte à « La Croix » sa vision du projet

Alors que les échauffourées ont cessé sur la place Sindagma et que les vapeurs des bombes lacrymogènes s’estompent peu à peu dans le centre d’Athènes, je reprends le fil d’un petit récit commencé en début de semaine.

Lundi 27 juin au soir, première nuit passée à bord du « Louise Michel », superbe bateau de croisière de 24 mètres, non pour tester le confort des cabines, mais bien pour assurer à plusieurs une surveillance renforcée par quarts de deux heures. Nous avons en effet appris quelques heures auparavant le sabotage des arbres d’hélice du bateau gréco-suédois et la crainte est bien que « l’entité hostile » ne s’en prenne aux autres navires. 

Pour l’instant, la réparation du bateau gréco-suédois va prendre 2 à 4 jours et coûter 15 à 20 000 €.

Obstacles

Ce contretemps s’ajoute aux multiples obstacles dressés sur notre route. Outre les tracasseries administratives concernant trois autres navires, nous avons appris mercredi 29 juin que le bateau irlandais avait subi une avarie d’origine inconnue. Dans ces conditions, nous ne pouvons envisager le départ de la flottille avant la fin de cette semaine. 

Manifestement tout aura été tenté pour essayer de retarder, voire d’empêcher le départ des bateaux. Après les pressions intenses exercées sur le gouvernement turc, qui a interdit aux navires turcs de rejoindre la flottille, puis celles, insistantes, exercées sur les gouvernements occidentaux et l’ONU, avec pour résultat une désapprobation générale de l’opération, y compris par Alain Juppé, on voit mal le gouvernement grec résister à de telles sollicitations dans le contexte délicat qu’il connaît actuellement.

Jeudi 30 juin, les choses se sont encore un peu plus corsées. Le navire américain a reçu carrément l’interdiction de quitter le port, les Espagnols ont aussi des soucis administratifs et ce matin même, l’approvisionnement en fioul du bateau français a été empêché par la police, surgie comme par hasard à ce moment-là, pour d’obscures raisons administratives. 

Maintenant c’est bien clair : tout est mis en œuvre pour empêcher le départ de la flottille. Les yeux se tournent vers les autorités grecques, qui ne semblent pas avoir résisté aux pressions du gouvernement israélien ou même de celui des États-Unis.

Les initiatives se multiplient

À se demander si le blocus de Gaza ne commence pas aux frontières de l’Europe ! Il en faut plus pour décourager les différentes délégations présentes à Athènes et les initiatives se multiplient. Elles vont être visibles dans les heures et les jours à venir, y compris dans nos pays respectifs, pour que le message soit bien clair : « Nous partirons de toute façon ».

À bien y réfléchir, quand on fait le compte de toutes les manifestations d’opposition à cette flottille, depuis les désapprobations plus ou moins véhémentes de tous les États européens et américains et des organisations internationales comme l’ONU et l’Union Européenne, ajoutées aux tracasseries ici même en Grèce, on finit par se demander à qui cette flottille fait-elle peur ? 

Alors même que son objectif est exactement celui proclamé officiellement par les mêmes États et organisations, à savoir que le blocus de Gaza doit cesser et qu’Israël doit respecter le droit international. Cherchez l’erreur.

 

ALAIN BOSC



01/07/2011

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