Association France Palestine Solidarité - Isère / Grenoble

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De l'eau pour les paysans palestiniens d'Al Auja : suites du projet des AFPS de Rhône-Alpes

Bilan du projet de réhabilitation des bassins de stockage d’eau à Al-Auja, dans la vallée du Jourdain

 

Union Régionale Rhône-Alpes AFPS

 

Le projet a été proposé par notre partenaire, l’Union Des Fermiers Palestiniens (PFU), un syndicat agricole présent sur l’ensemble des territoires palestiniens.

En mars 2011 un comité de suivi a été mis en place avec des représentants du PFU au niveau local, des ingénieurs agronomes, des représentants du conseil municipal d’Al-Auja.

Après une large publicité pour recenser les fermiers candidats à ce projet, des techniciens sont allés sur le terrain pour permettre la sélection des cinq premiers bassins à réhabiliter. Un appel d’offre a été lancé et les travaux engagés.

Nous avons suivi la réalisation du projet par une première visite sur place en avril 2011, puis après la fin des travaux en novembre 2011.Deux rapports précis ont été faits. Le PFU à rendu un rapport et fourni des factures justificatives pour les travaux réalisés.

La bonne fin de cette première tranche, d’un montant de 70 000 € dont 60 000 € apportés par l’AFPS comprenant l’apport de 3000 € de 4 ACG, nous conduit à nous engager dans une deuxième tranche pour la réhabilitation de 5 autres bassins.

En restant sur place, grâce à l’irrigation, la population palestinienne d’origine bédouine résiste pacifiquement à l’implantation de colonies par l’état d’Israël qui dans le même temps à mis la main sur l’eau son utilisation et son contrôle.

 

Al Auja, Palestine, Vallée du Jourdain.

L'étendue verte est une colonie israélienne florisssante, devant des terres palestiniennes asséchées.



Le bassin avant réhabilitation

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Préparation des travaux et reconstruction du canal

 

 

Rapport de visite à Al Auja
le 23/10/2011- par Monique Etienne, AFPS04


A l'occasion de la mission de l’AFPS04 et des élus de l’ACDPP en Palestine, nous avons rendu visite au village d'Al Auja dans la vallée du Jourdain à 10 km au nord de Jéricho. Dans ce village, les groupes AFPS de la région Rhône – Alpes et des Alpes de Haute Provence financent un projet de réhabilitation de bassins d'irrigation.
Nous étions accompagnés par Rami Abu Zainah, ingénieur au PFU à Ramallah, chargé de la coordination des projets relatifs à l'eau et par le responsable du PFU de Jericho.
La vallée du Jourdain représente 28% de la Cisjordanie.
C’est une riche vallée agricole qui bénéficie de l’apport en eau du Jourdain. Les autorités israéliennes veulent contrôler cette vallée. Cela passe par la restriction des déplacements, rendre l’accès à l’eau extrêmement difficile, la destruction de tout ce qui est considéré comme « illégal » ou menaçant leur sécurité, la protection des colons agressifs, l’arrestation de militants.
Al Auja est la seconde concentration d’habitants de la vallée après Jéricho – 5000 habitants vivant
majoritairement de l’agriculture, sur 2000 HA /surface agricole totale 5000 HA,
faisant vivre 300 familles.
La source du village est à environ 7 Km du village, l’eau arrive par les canaux en ciment.
La perte en eau est d’environ 30 à 50% (fuites, évaporation). La source du village donnait 2 500 m3 par heure, elle ne donne plus que 1000 m3 / heure en saison des pluies. La quantité d’eau diminue à partir du mois de juin, plus d'écoulement à partir de mois de Juillet. Les Israéliens ont creusé environ 5 puits autour de la source pour en détourner l'eau et empêcher les Palestiniens d’accéder à cette dernière. Les activités agricoles s’arrêtent du mois de Juillet jusqu'en décembre, excepté quelques producteurs qui utilisent l’eau de leur puits dont la quantité disponible est limitée. Les demandes de creusement de puits sont déposées auprès de l’AP (Autoité Palestinienne) qui la transmet au comité de contrôle israélien (il n’y a pas de suite donnée).
Les producteurs stockent l’eau dans 30 bassins construits près de leurs maisons, en aval du Jourdain.  Il y a 40 ans, chaque fermier disposant d’un quota d’eau disponible dans chaque bassin. Le projet de réhabilitation est vital pour aider les agriculteurs en zones C à rester sur leurs terres en améliorant leurs conditions sociales. Il s’agit d’une projection sur les 25 prochaines années (durée de viabilité d’un bassin.)

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Plusieurs bassins étaient dans un très mauvais état et ont nécessité plus de travail et de matériaux que prévu. Aussi, le coût total des 5 premiers bassins est de 71 545 euros et pour les 5 autres bassins à réhabiliter, le coût total sera plus élevé. Il faut également finaliser la jonction des canaux d’irrigation avec les 2 bassins concernés.

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Suggestions:
1 – Rester sur le budget prévu et réaliser moins de bassins en respectant le budget prévisionnel.
2 – Faire un avenant au budget après la préparation des mesures pour les 5 bassins.
Compte -tenu de la réelle nécessité de la réhabilitation de ces bassins et de l’importance stratégique de ce projet dans la vallée du Jourdain, nous pensons qu’il faut poursuivre à tout prix ce projet et accepter de financer le dépassement du budget initial.

 

Lire l'intégralité du rapport de visite ici

 

Israël-Palestine : le rapport français explosif sur la question de l'eau (Le Monde, 20 janvier 2012 : rapport de la Commission des Affaires étrangères de l'Assemblée Nationale)

 

Pour soutenir ce projet des AFPS de Rhône-Alpes, voir ici


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Durant l'hiver 2012, un jeune  italien (voir son blog )  a rencontré les palestiniens de la Vallée du Jourdain, ceux de Fasayil (où l'AFPS soutient un projet de relance de la culture des palmiers-dattiers) , ceux d'Al Auja aussi....   . Ci-dessous, extrait de son récit :

 

Apartheid hydrique à Al Auja

 

 

La source d'Al Auja, avant qu'elle soit détournée au profit des colonies israéleinnes.

 

Al-Auja était une oasis de verdure dans le désert, une destination de voyages scolaires pour les enfants palestiniens. «Les gens venaient de toute la Palestine, de Bethléem, Ramallah, Naplouse," dit Ashraf. 

Le puits situé près de la source est  désqormais verrouillé, l'eau disparaît. Des tuyaux énormes plongent à 400 mètres de profondeur pour puiser de l'eau directement de la source et pour la conduire  dans les colonies. israéliennes. L'une d'entre elle possède même une piscine. Dans une autrene vit qu'une seule personne.

Et les quelques centaines de bédouins entendent l'eau couler sous leurs pieds, avec des  fils électriques passant au-dessus de leurs têtes. Chaque jour est une bataille contre la sécheresse. Ils sont obligés d'acheter des réserves d'eau, 20 euros pour 3 mètres cubes. Plus le coût de l'essence.

C'est un système d'apartheid bien élaboré,  une  discrimination raciale dont trop peu de gens sont informés. Et le monde  se tait et reste silencieux, passif devant la loi du plus fort.

 


La station de pompage pour les colonies israéliennes

 


Le puits d'Al Auja a été scellé par l'occupant.



20/05/2012

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